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Présentation

 

La sculpture prend son volume et vous tient dans son espace transformé autour d’elle. Le pouvoir archaïque des idoles vient de là. Stables en leur lieu, elles font vibrer l’air autour d’elles et donnent une figure nouvelle aux lieux communs. Elles sont tandis que nous passons. Quand les yeux du corps regardent un corps, l’âme lui prête une âme et s’en trouve profondément modelée. Toute sculpture n’est peut-être que le témoin intermédiaire et matériel de ce double modelage spirituel où le travail du sculpteur et le regard de l’amateur façonnent en deux âmes une forme qui leur est commune. Cette forme peut inspirer l’effroi sacré d’une religion de la peur ou la séduction commode de ce qui est agréable et aisément communicable. Mais les sculptures de Véronique Dujardin-Wiart s’affranchissent de ces formes d’idolâtrie que sont la séduction du mal et de la facilité. Ces prêtres d’une religion inconnue ne pratiquent le sacrifice que d’une idéologie bavarde, ils sont hiératiques sans être menaçants, la force est avec eux de toute évidence, mais elle est douce parce qu’elle ne doute pas d’elle-même. Toutes les œuvres de V D. Wiart nous apparaissent comme témoignant d’une civilisation qu’aucune archéologie n’aurait encore découverte. Leur unité est dans leurs formes qui se répondent, comme si l’une avait enfanté l’autre et ainsi de suite, un peu comme un motif peut courir de l’une à l’autre invitant le regard et l’esprit à continuer ce que les lignes et la terre interrompent pour mieux se retrouver ensuite. Animaux imaginaires, personnages sans âge venant d’Afrique, d’Asie et d’occident se retrouvent pour nous et font méditer l’émail et le bronze.

 

Philippe Gaudin